Conditions générales de vente en ligne

CGV e-commerce : mentions obligatoires et erreurs à éviter

Vous vendez des produits ou des services sur internet ? Vos CGV e-commerce doivent être adaptées au parcours de commande, au paiement, à la livraison, au droit de rétractation, aux garanties et aux règles propres à la vente à distance.

En bref : pour un site e-commerce destiné aux consommateurs, il ne suffit pas de publier une page intitulée « CGV ». Les informations essentielles doivent être communiquées de manière lisible et compréhensible avant que le client soit engagé, puis le contrat doit être confirmé sur un support durable dans les conditions prévues par la loi.
Questionnaire guidé Document adapté à vos réponses Vérification avant commande Document Word modifiable

Quelles sont les obligations d’un site e-commerce ?

Un contrat conclu sur internet constitue un contrat à distance. Lorsque le client est un consommateur, le professionnel doit lui fournir, avant qu’il soit engagé, un ensemble d’informations prévues notamment par le Code de la consommation.

1

Informer avant la commande

Caractéristiques du produit ou service, prix, délai de livraison, identité du professionnel et autres conditions contractuelles doivent être présentés de manière lisible et compréhensible.

2

Faire reconnaître l’obligation de paiement

Au moment de valider la commande, le consommateur doit comprendre clairement que son action l’oblige à payer.

3

Confirmer le contrat

Après la conclusion, le consommateur doit recevoir les informations contractuelles sur un support durable dans les conditions prévues par la loi.

Point important : les CGV sont un élément central du dispositif contractuel, mais la conformité du site dépend aussi de la manière dont les informations sont présentées pendant le parcours de commande.

CGV e-commerce B2C ou B2B : ne rédigez pas le même document

Vente à des consommateurs

Le Code de la consommation impose des obligations spécifiques en matière d’information précontractuelle, de rétractation, de livraison, de garanties et de règlement des litiges.

Vente à des professionnels

Le cadre est différent. Les règles protectrices du consommateur ne s’appliquent pas automatiquement, tandis que le Code de commerce organise notamment les conditions de règlement et certaines relations commerciales.

Si votre boutique vend aux deux : il faut identifier clairement quelles règles s’appliquent selon la qualité du client et éviter de juxtaposer des clauses contradictoires.

Le parcours de commande fait partie de la conformité de votre e-commerce

Des CGV parfaitement rédigées ne suffisent pas si le client ne reçoit pas les informations au bon moment.

Produit

Le client prend connaissance des caractéristiques essentielles et du prix.

Panier

Quantités, prix, frais et modalités principales doivent rester compréhensibles.

Récapitulatif

Avant de commander, le consommateur doit pouvoir vérifier les éléments essentiels de sa commande.

Validation

La fonction de commande doit indiquer sans ambiguïté qu’elle entraîne une obligation de paiement.

À vérifier sur votre bouton final : l’article L.221-14 du Code de la consommation impose la mention « commande avec obligation de paiement » ou une formule analogue indiquant clairement que la commande oblige le consommateur à payer.

Le site doit également indiquer clairement, au plus tard au début du processus de commande, les moyens de paiement acceptés et les éventuelles restrictions de livraison.

Checklist : que prévoir dans des CGV e-commerce ?

Le contenu doit être adapté aux produits ou services vendus, mais plusieurs rubriques sont particulièrement importantes pour une boutique en ligne.

Rubrique Ce qu’elle doit permettre de comprendre
Identité du vendeur Qui vend ? Coordonnées du professionnel, informations permettant de l’identifier et moyens de contact.
Produits ou services Qu’achète le client ? Caractéristiques essentielles, caractéristiques particulières et éventuelles restrictions.
Prix Combien le client devra-t-il payer ? Prix, taxes, frais de livraison et autres frais applicables.
Commande Comment le contrat est-il conclu ? Étapes de commande, vérification et validation.
Paiement Quels moyens sont acceptés ? À quel moment le paiement intervient-il ?
Livraison / exécution Où, quand et comment le produit ou service sera-t-il fourni ?
Rétractation Le droit existe-t-il ? Quel est son délai ? Comment l’exercer ? Existe-t-il une exception légale ?
Retours / remboursement Comment le client retourne-t-il un produit et dans quelles conditions intervient le remboursement ?
Garanties Quels sont les droits du consommateur en cas de défaut ou de non-conformité ?
Responsabilité Quels risques sont organisés sans supprimer les droits impératifs du client ?
Réclamations et litiges Comment contacter le vendeur, déposer une réclamation et utiliser les dispositifs de règlement des litiges ?

1. Identifier clairement le vendeur

Le client doit savoir avec quelle entreprise il contracte.

Les informations utiles peuvent notamment comprendre, selon la situation :

  • la dénomination ou l’identité du professionnel ;
  • son adresse ;
  • ses coordonnées électroniques et téléphoniques ;
  • ses informations d’immatriculation lorsqu’elles sont requises ;
  • les moyens permettant au client de le contacter.
Attention : les CGV, les mentions légales et la politique de confidentialité peuvent contenir certaines informations communes, mais ces documents ne remplissent pas la même fonction.

→ Comprendre la différence entre CGV, CGU et autres documents du site

2. Prix et frais : le client doit connaître le coût avant de commander

L’information sur le prix doit être claire avant la conclusion du contrat.

Selon le fonctionnement de votre boutique, il faut notamment vérifier :

  • le prix affiché du produit ou du service ;
  • les taxes applicables ;
  • les frais de livraison ;
  • les éventuels autres frais ;
  • le prix total présenté avant la validation définitive.
Erreur classique : révéler un coût important seulement à la toute dernière étape ou rédiger les CGV de manière différente du prix réellement affiché sur le site.

3. Livraison : indiquez une date ou un délai compréhensible

Pour les contrats concernés, le professionnel doit indiquer la date ou le délai dans lequel il s’engage à livrer le bien ou à fournir le service.

Les CGV peuvent notamment préciser :

  • les zones de livraison ;
  • les modes de livraison disponibles ;
  • les délais annoncés ;
  • les frais associés ;
  • la procédure en cas d’incident de livraison.
À savoir : à défaut d’indication ou d’accord sur la date de délivrance ou de fourniture, le Code de la consommation prévoit, pour les contrats concernés, une exécution sans retard injustifié et au plus tard trente jours après la conclusion du contrat.

4. Droit de rétractation : la règle des 14 jours et ses exceptions

Lorsqu’un consommateur conclut un contrat à distance, il dispose en principe d’un délai de 14 jours pour exercer son droit de rétractation.

Le point de départ du délai dépend du type de contrat. Pour une vente de biens, il court notamment à compter de la réception du bien. Pour une prestation de services, il court en principe à compter de la conclusion du contrat.

Erreur à éviter : écrire simplement « aucun retour ni remboursement » lorsqu’un droit de rétractation s’applique au consommateur.

Dans quels cas le droit de rétractation peut-il être exclu ?

Le Code de la consommation prévoit plusieurs exceptions. Elles concernent notamment, sous les conditions prévues par la loi :

  • les biens confectionnés selon les spécifications du consommateur ou nettement personnalisés ;
  • certains biens périssables ;
  • certains biens descellés pour des raisons d’hygiène ou de protection de la santé ;
  • certains services pleinement exécutés avant la fin du délai lorsque les conditions légales sont réunies ;
  • certains contenus numériques fournis sans support matériel lorsque les conditions légales sont remplies.
La règle importante : ce n’est pas le vendeur qui décide librement qu’un produit « n’est pas remboursable ». L’absence de droit de rétractation doit correspondre à une exception prévue par la loi.

5. Après la commande : confirmez le contrat sur un support durable

La vente en ligne ne s’arrête pas au clic sur le bouton de commande.

Après la conclusion du contrat, le professionnel doit fournir au consommateur une confirmation comprenant les informations requises, sur un support durable, sauf si elles avaient déjà été fournies sur un tel support avant le contrat.

Exemple de support durable

Un email contenant les informations contractuelles ou un document joint que le client peut conserver.

Ce qui est insuffisant

Se contenter d’un lien vers une page web susceptible d’être modifiée ne répond pas nécessairement à la logique du support durable.

Conseil pratique : conservez également la version des CGV applicable à chaque commande.

6. Garanties : ne réduisez pas les droits légaux du consommateur

Pour la vente de biens, les CGV doivent être cohérentes avec les garanties légales applicables.

Une garantie commerciale éventuellement proposée ne remplace pas les garanties légales.

Exemple à éviter : « Le produit est garanti uniquement pendant 7 jours » lorsque cette formulation donne au consommateur l’impression que ses garanties légales disparaissent ensuite.

Les modalités pratiques de mise en œuvre des garanties doivent également rester compréhensibles : contact, renvoi éventuel, traitement de la demande et solution proposée.

7. Responsabilité : évitez les clauses d’exonération totale

Une boutique en ligne peut organiser certains risques dans ses CGV. Mais elle ne peut pas transformer ses conditions générales en mécanisme permettant de ne jamais répondre de ses propres manquements.

Formulation trop large

« Le vendeur ne pourra être tenu responsable d’aucun dommage ou retard, quelle qu’en soit la cause. »

Une clause aussi générale est particulièrement problématique dans une relation avec un consommateur.

→ Comprendre jusqu’où une clause de responsabilité peut aller

8. CGV et données personnelles : ne mélangez pas tout

Une boutique en ligne traite généralement des données personnelles : identité, adresse, coordonnées, informations liées à la commande ou au compte client.

Toutefois, les CGV ne sont pas forcément le meilleur endroit pour reproduire toute la documentation RGPD.

Bonne organisation : les CGV peuvent mentionner l’existence des traitements et renvoyer vers une politique de confidentialité dédiée, dans laquelle sont présentées les informations requises sur les traitements de données.

Besoin de CGV adaptées à votre activité en ligne ?

Un site e-commerce ne devrait pas utiliser les mêmes conditions générales qu’un consultant, un artisan ou un vendeur exclusivement B2B.

Avec JURISMODELE, vous répondez à un questionnaire, vérifiez vos informations puis générez votre document Word à partir de vos réponses.

10 erreurs fréquentes dans les CGV d’un site e-commerce

1. Copier les CGV d’un concurrent

Son activité, ses produits, sa logistique et sa clientèle peuvent être totalement différents.

2. Utiliser un bouton de commande ambigu

Le consommateur doit comprendre sans ambiguïté que la validation de sa commande l’oblige à payer.

3. Oublier les frais avant le paiement

Le prix total et les frais applicables doivent être présentés correctement avant la conclusion du contrat.

4. Écrire « aucun retour »

Une telle formule peut être incompatible avec le droit de rétractation lorsqu’il s’applique.

5. Ne pas annoncer de délai de livraison

Le client doit connaître la date ou le délai dans lequel le vendeur s’engage à livrer.

6. Réduire les garanties légales

Une garantie commerciale ne doit pas faire croire que les garanties légales ont disparu.

7. Exclure toute responsabilité

Une clause générale de non-responsabilité est particulièrement risquée en B2C.

8. Modifier les CGV sans conserver les anciennes versions

En cas de litige, il faut pouvoir identifier les conditions applicables au moment de la commande.

9. Confondre CGV, CGU et politique de confidentialité

Ces documents ont des fonctions différentes et doivent rester compréhensibles.

10. Rédiger des CGV que votre entreprise ne peut pas respecter

N’annoncez pas un délai de livraison, un remboursement ou un service client que votre organisation ne peut pas réellement tenir.

Exemple : une boutique vend des bijoux, dont certains sont personnalisés

Prenons une boutique en ligne vendant deux catégories de produits : des bijoux standards et des bijoux gravés selon les instructions du client.

Bijou standard

Le consommateur bénéficie en principe du droit de rétractation applicable à la vente à distance, sous réserve des règles légales.

Bijou personnalisé

Un bien confectionné selon les spécifications du consommateur ou nettement personnalisé relève d’une exception légale au droit de rétractation.

Pourquoi cet exemple est important : la même boutique peut vendre deux produits auxquels les mêmes règles de rétractation ne s’appliquent pas. Voilà pourquoi un modèle générique est souvent insuffisant.

Checklist avant de publier vos CGV e-commerce

  • l’identité du vendeur est-elle clairement indiquée ?
  • les produits ou services sont-ils décrits suffisamment ?
  • le prix et les frais sont-ils clairs ?
  • les moyens de paiement acceptés sont-ils indiqués ?
  • les éventuelles restrictions de livraison apparaissent-elles suffisamment tôt ?
  • le délai ou la date de livraison est-il précisé ?
  • le parcours permet-il de vérifier la commande avant paiement ?
  • le bouton de validation indique-t-il clairement l’obligation de paiement ?
  • le droit de rétractation est-il correctement expliqué ?
  • les exceptions au droit de rétractation correspondent-elles réellement à la loi ?
  • les retours et remboursements sont-ils compréhensibles ?
  • les garanties légales sont-elles correctement prises en compte ?
  • les clauses de responsabilité restent-elles licites et équilibrées ?
  • les réclamations et litiges sont-ils organisés ?
  • le client reçoit-il une confirmation du contrat sur un support durable ?
  • pouvez-vous conserver la version des CGV applicable à chaque commande ?

Approfondir vos Conditions Générales de Vente

Modèle de CGV

Retrouvez notre guide principal consacré au contenu et à la structure des conditions générales de vente.

Consulter le guide →

Clauses abusives

Découvrez les clauses qui peuvent être interdites ou présumées abusives dans un contrat avec un consommateur.

Voir les exemples →

Personnaliser ses CGV

Découvrez les éléments qui doivent varier selon vos produits, vos clients et votre mode de vente.

Lire le guide →

Questions fréquentes sur les CGV e-commerce

Les CGV sont-elles obligatoires sur un site e-commerce ?

Lorsqu’un professionnel vend à distance à des consommateurs, il doit fournir les informations précontractuelles exigées par le Code de la consommation. Les CGV constituent le support habituel permettant d’organiser une grande partie des règles contractuelles applicables.

Que doivent contenir des CGV e-commerce ?

Elles doivent être adaptées à l’activité et peuvent notamment traiter l’identité du vendeur, les produits ou services, le prix, la commande, le paiement, la livraison, la rétractation, les garanties, la responsabilité et le règlement des litiges.

Le bouton « Commander » suffit-il ?

Le Code de la consommation exige que la fonction utilisée pour valider une commande indique clairement que celle-ci entraîne une obligation de paiement. La formule utilisée doit donc être dépourvue d’ambiguïté.

Le droit de rétractation est-il toujours de 14 jours ?

Le consommateur dispose en principe de 14 jours pour un contrat conclu à distance. Toutefois, la loi prévoit différentes exceptions, notamment pour certains biens personnalisés et certaines prestations ou contenus numériques.

Peut-on écrire « aucun retour ni remboursement » ?

Pas lorsque cette formule prive le consommateur d’un droit de rétractation ou d’une garantie qui lui est accordé par la loi. Il faut distinguer les retours commerciaux facultatifs des droits légaux du consommateur.

Faut-il envoyer les CGV par email après la commande ?

Le professionnel doit fournir la confirmation du contrat sur un support durable dans les conditions prévues par l’article L.221-13. L’email est une solution fréquemment utilisée pour satisfaire cette exigence.

Les CGV doivent-elles contenir toute la politique RGPD ?

Pas nécessairement. Une politique de confidentialité dédiée permet souvent de présenter plus clairement les informations relatives au traitement des données personnelles. Les CGV peuvent y renvoyer lorsque cela est pertinent.

Peut-on utiliser les mêmes CGV en B2B et en B2C ?

Il faut être prudent. Les consommateurs bénéficient de règles protectrices spécifiques. Un document destiné à une clientèle mixte doit distinguer clairement les dispositions applicables à chaque catégorie de clients.

Un produit personnalisé peut-il être exclu du droit de rétractation ?

Le Code de la consommation prévoit une exception pour les biens confectionnés selon les spécifications du consommateur ou nettement personnalisés. Il faut toutefois vérifier que le produit concerné répond réellement aux conditions de cette exception.

Comment créer des CGV e-commerce personnalisées ?

JURISMODELE utilise un questionnaire guidé afin de recueillir les informations relatives à votre activité avant de générer le document Word.

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