Bail d’habitation

Augmenter le loyer d’un locataire en place : règles, IRL et renouvellement

Un propriétaire ne peut pas décider librement d’augmenter le loyer parce que les prix du quartier ont augmenté ou parce que le loyer lui paraît trop faible. Il faut identifier le mécanisme juridique qui autorise la hausse.

Trois situations doivent être distinguées : la révision annuelle à l’IRL, la majoration convenue après certains travaux d’amélioration, et la réévaluation au renouvellement lorsque le loyer est manifestement sous-évalué.

Pourquoi souhaitez-vous augmenter le loyer ?

1

Révision annuelle

Votre bail comporte une clause de révision annuelle fondée sur l’IRL.

C’est le mécanisme le plus courant en cours de bail.

Vérifier la révision IRL →
2

Travaux d’amélioration

Le bailleur réalise certains travaux et les parties conviennent expressément d’une majoration.

Voir les conditions →
3

Loyer sous-évalué

Le loyer est manifestement inférieur aux loyers comparables du voisinage.

La procédure intervient au renouvellement.

Voir la procédure →
« Le loyer est trop bas » n’autorise pas une augmentation immédiate. Un loyer manifestement sous-évalué relève d’une procédure spécifique liée au renouvellement du bail.

Les trois mécanismes en un tableau

Mécanisme Quand ? Condition principale Locataire F/G
Révision IRL Une fois par an Clause de révision prévue au bail Révision interdite dans les situations visées par la loi
Travaux Selon l’accord des parties Clause expresse ou avenant adapté Restrictions particulières à vérifier
Loyer sous-évalué Au renouvellement Sous-évaluation manifeste + références comparables Réévaluation interdite pour F ou G
Révision annuelle

Comment augmenter le loyer avec l’IRL ?

La révision annuelle n’est possible que si le contrat contient une clause de révision.

Lorsque cette clause existe, la révision intervient à la date convenue dans le bail ou, à défaut, au terme de chaque année du contrat.

L’augmentation ne peut dépasser la variation de l’ indice de référence des loyers (IRL) publié chaque trimestre par l’Insee.

Nouveau loyer = loyer actuel × IRL applicable à la date de révision ÷ IRL du même trimestre de l’année précédente
Sans clause de révision, il n’y a pas de révision annuelle à l’IRL.

Quel trimestre IRL utiliser ?

Il faut d’abord lire le bail.

Lorsque le contrat désigne un trimestre de référence, c’est celui-ci qui sert au calcul.

À défaut de clause fixant une date de référence, la loi retient le dernier indice publié à la date de signature du bail.

Pour éviter les erreurs, conservez dans le dossier : le bail, l’ancien montant du loyer, les deux indices utilisés et le calcul du nouveau montant.

Le propriétaire peut-il rattraper plusieurs années d’IRL ?

Non.

Le bailleur dispose d’un délai d’un an à compter de la date à laquelle la révision aurait dû prendre effet pour manifester sa volonté de l’appliquer.

Demande faite dans l’année

La révision peut être appliquée, mais elle prend effet seulement à compter de la demande.

Plus d’un an s’est écoulé

Le bailleur est réputé avoir renoncé à la révision pour l’année écoulée.

La révision annuelle n’est donc pas rétroactive. Plusieurs années oubliées ne peuvent pas être réclamées d’un seul coup.
Travaux

Peut-on augmenter le loyer après des travaux ?

Oui, mais réaliser des travaux ne donne pas automatiquement au bailleur le droit d’imposer un nouveau loyer.

En location vide, lorsque les parties conviennent expressément de travaux d’amélioration que le bailleur fera réaliser, le bail ou un avenant peut prévoir la majoration du loyer qui prendra effet après ces travaux.

La bonne méthode : définir avant la hausse les travaux concernés, la personne qui les finance, le montant de la majoration et sa date d’application.

Tous les travaux justifient-ils une majoration ?

Le texte vise les travaux d’amélioration, et non le simple accomplissement des obligations normales d’entretien du bailleur.

Remettre simplement en état un équipement défectueux ou exécuter des travaux nécessaires à la décence du logement ne permet pas automatiquement d’imposer une hausse au locataire en place.

Et pour une location meublée ?

Le principe de la révision annuelle à l’IRL est également applicable aux locations meublées constituant la résidence principale, lorsque le bail contient la clause nécessaire.

Le régime du meublé permet également de prévoir, par clause expresse du contrat ou par avenant, une majoration liée à des travaux d’amélioration réalisés par le bailleur ou à l’acquisition d’équipements supplémentaires.

Le bail mobilité est différent : son loyer ne peut pas être révisé en cours de bail.
Performance énergétique

DPE F ou G : peut-on encore augmenter le loyer ?

Le classement énergétique du logement doit être vérifié avant toute augmentation.

La loi interdit notamment la révision annuelle fondée sur l’IRL pour les logements classés F ou G entrant dans le champ du gel des loyers.

La réévaluation d’un loyer manifestement sous-évalué au renouvellement est également interdite pour ces logements.

Un bailleur ne doit donc pas commencer par calculer l’IRL. Le premier réflexe doit être de vérifier le DPE du logement et la date d’application des règles concernées.
Renouvellement

Comment augmenter un loyer manifestement sous-évalué ?

Un propriétaire peut estimer que son locataire paie beaucoup moins que les loyers habituellement constatés pour des logements comparables.

Cela ne permet pas de modifier immédiatement le loyer.

L’article 17-2 prévoit une procédure de réévaluation au renouvellement du bail lorsque le loyer est manifestement sous-évalué.

Comparer les loyers

Rechercher des logements comparables dans le voisinage.

Préparer les références

La proposition doit être justifiée par plusieurs références précises.

Agir 6 mois avant

La proposition doit être adressée au moins six mois avant le terme du bail.

Gérer la réponse

Accord, conciliation ou, si nécessaire, saisine du juge avant l’échéance.

Combien de références de loyers faut-il fournir ?

La proposition doit être fondée sur des loyers habituellement constatés dans le voisinage pour des logements comparables.

Le nombre minimal est de 3 références.

Il passe à 6 références dans les communes désignées par le texte et appartenant aux agglomérations concernées de plus d’un million d’habitants.

Une annonce immobilière isolée n’est donc pas une justification suffisante d’une hausse au renouvellement.

Que doit contenir la proposition de nouveau loyer ?

La notification doit notamment :

  • être adressée au moins six mois avant le terme du bail ;
  • indiquer le montant du nouveau loyer proposé ;
  • comporter la liste des références ayant servi à le déterminer ;
  • reproduire les dispositions exigées par l’article 17-2.
Lorsque le bailleur engage cette procédure de réévaluation, il ne peut pas donner congé au locataire pour la même échéance du contrat.

Que faire si le locataire refuse le nouveau loyer ?

En cas de désaccord, ou en l’absence de réponse du locataire quatre mois avant le terme du contrat, la commission départementale de conciliation peut être saisie selon la procédure prévue.

Si aucun accord n’est trouvé, le juge doit être saisi avant le terme du bail.

À défaut de saisine dans les délais, le bail est reconduit avec l’ancien loyer, sous réserve de l’éventuelle révision IRL.

La hausse s’applique-t-elle immédiatement en totalité ?

Pas nécessairement.

Lorsque le loyer est réévalué au renouvellement, la loi prévoit un étalement de la hausse dans certaines conditions.

Pour un bail vide, la hausse convenue ou fixée judiciairement s’applique notamment par tiers ou par sixième selon la durée du contrat. Un mécanisme spécifique existe lorsque l’augmentation dépasse 10 %.

En location meublée, lorsqu’une hausse au renouvellement est supérieure à 10 %, elle s’applique par tiers annuel dans les conditions prévues par l’article 25-9.

Localisation du logement

Qu’est-ce qui change en zone tendue ?

Dans certaines zones où il existe un déséquilibre important entre l’offre et la demande de logements, l’évolution des loyers fait l’objet de règles supplémentaires.

Au 17 septembre 2026, le dispositif national d’encadrement de l’évolution de certains loyers en zone tendue a été prolongé jusqu’au 31 juillet 2027.

Le mécanisme applicable peut donc dépendre de la commune où se trouve le logement. La règle doit être vérifiée à la date de la proposition ou du renouvellement.

Zone tendue et encadrement du niveau des loyers : ne pas confondre

Deux mécanismes sont souvent appelés « encadrement des loyers », alors qu’ils sont différents.

Encadrement de l’évolution

Il limite certaines augmentations lors d’une relocation ou d’un renouvellement dans les zones tendues.

Encadrement du niveau

Dans certains territoires, un système local de loyers de référence fixe notamment un loyer de référence majoré.

Un logement peut donc être situé en zone tendue sans être soumis au dispositif local de loyer de référence majoré.

Le complément de loyer permet-il simplement d’augmenter le loyer ?

Non.

Le complément de loyer appartient au régime particulier de l’encadrement du niveau des loyers.

Il ne constitue pas un outil permettant au bailleur d’augmenter librement le loyer d’un locataire déjà en place.

Lorsqu’un complément figure dans un bail soumis au dispositif, le locataire peut le contester devant la commission départementale de conciliation dans un délai de 3 mois suivant la signature du bail.

Avant d’augmenter un loyer : les 5 vérifications

1. Lire le bail

Existe-t-il une clause de révision IRL ?

2. Vérifier le DPE

Le logement est-il classé F ou G ?

3. Identifier le motif

IRL, travaux ou loyer manifestement sous-évalué ?

4. Vérifier la commune

Zone tendue ou encadrement local du niveau des loyers ?

5. Vérifier le calendrier

Date annuelle de révision ou délai de six mois avant renouvellement ?

Puis calculer

Le calcul vient seulement après l’identification du régime applicable.

Les erreurs les plus fréquentes

Appliquer l’IRL sans clause

La révision annuelle doit être prévue par le contrat.

Réclamer plusieurs années

Les révisions oubliées depuis plus d’un an sont perdues.

Augmenter après des travaux sans accord

Les travaux ne créent pas automatiquement un droit à augmentation.

Ignorer le DPE

Un classement F ou G peut interdire les mécanismes de hausse concernés.

Attendre le renouvellement trop tard

Une réévaluation pour sous-évaluation se prépare au moins six mois avant.

Confondre zone tendue et plafond local

Ce sont deux dispositifs différents.

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Vous hésitez sur la possibilité d’augmenter le loyer ?

Commencez par vérifier le bail, le DPE, la commune et la date du prochain renouvellement. Le mécanisme applicable dépend de ces éléments.

Questions fréquentes sur l’augmentation du loyer

Peut-on augmenter le loyer d’un locataire en place ?

Pas librement. Il faut qu’un mécanisme prévu par la loi ou un accord valable permette la hausse : révision IRL, travaux d’amélioration convenus, ou réévaluation au renouvellement d’un loyer manifestement sous-évalué.

Peut-on appliquer l’IRL si le bail ne contient aucune clause de révision ?

Non. La révision annuelle suppose que le contrat prévoie la révision du loyer.

La révision IRL est-elle automatique ?

Non. Le bailleur doit manifester sa volonté de l’appliquer. S’il agit dans l’année, la révision prend effet à compter de sa demande.

Peut-on réclamer les IRL oubliés des trois dernières années ?

Non. Le bailleur dispose d’un an pour demander la révision annuelle concernée. Au-delà, il est réputé y avoir renoncé pour l’année écoulée.

Des travaux permettent-ils d’augmenter automatiquement le loyer ?

Non. En location vide, une clause expresse du bail ou un avenant peut prévoir une majoration liée à des travaux d’amélioration réalisés par le bailleur.

Peut-on augmenter le loyer d’un logement classé F ou G ?

Plusieurs mécanismes de hausse sont interdits pour les logements classés F ou G, notamment la révision IRL et la réévaluation d’un loyer sous-évalué au renouvellement, lorsque le logement entre dans le champ des dispositions applicables.

Comment augmenter un loyer manifestement sous-évalué ?

La procédure intervient au renouvellement. Le bailleur doit proposer un nouveau loyer au moins six mois avant le terme et justifier la sous-évaluation par des références de logements comparables.

Combien de références faut-il fournir ?

Le minimum est en principe de trois références, porté à six dans certaines communes appartenant aux grandes agglomérations visées par les textes.

Que se passe-t-il si le locataire refuse la réévaluation ?

La commission départementale de conciliation peut être saisie. À défaut d’accord, le juge doit être saisi avant le terme du bail pour que la procédure puisse aboutir.

Peut-on réviser le loyer d’un bail mobilité ?

Non. Le loyer d’un bail mobilité n’est pas révisable en cours de bail.

Zone tendue et encadrement des loyers, est-ce la même chose ?

Non. La zone tendue peut soumettre l’évolution du loyer à des règles particulières. Certains territoires appliquent en plus un encadrement du niveau du loyer reposant sur des loyers de référence.